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Et si les chats...{Demain les chats, Bernard Werber }


J'ai toujours eu des chats, j'adore les chats, ce n'est donc pas une surprise qu'on m'offre un livre qui parle de chats, avec un chat en couverture  >^^<


J'ai eu beaucoup de mal à écrire cette chronique, car j'ai eu beaucoup de mal à savoir ce que je pensais réellement de ce livre...

De Bernard Werber, j'ai lu, il y a déjà longtemps, le recueil de nouvelles "l'Arbre des Possibles", et je n'en ai qu'un souvenir très vague, si ce n'est une impression étrange d'expérimentations scientifiques.
L'impression est identique ici, sauf que l'expérimentation est tenue sur tout un roman.

Présentation:

Titre: Demain les chats
Auteur: Bernard Werber
Date de première publication: 2016
Mon exemplaire: Albin Michel

De quoi ça parle?

Hum... Déjà, sachez que toute l'histoire est racontée à travers les yeux d'une chatte domestique, Bastet. C'est très original et cela permet d'offrir un point de vue différent. C'est toujours amusant d'avoir une analyse extérieure de nos propres comportements: Bastest essaie de communiquer avec sa maîtresse, Nathalie, mais elle la trouve très étrange...

Du coup, j'ai plutôt apprécié cette première partie du roman.

C'est ensuite que ça se complique.

Bernard Werber évoque une France en proie à des attaques terroristes récurrentes, et qui vont mener à une véritable guerre civile.
Bon, déjà c'est une vision catastrophiste qui ne m'attire pas vraiment.
Mais surtout, cela prend une tournure tellement... capillo-tractée que j'ai vraiment eu du mal à adhérer. Pourtant, mon esprit n'est pas trop opaque à l'extra-ordinaire, mais malheureusement, cette fois, cela n'a pas fonctionné sur moi.
Finalement, je crois que je suis plus réceptive au surnaturel (peu importe sa forme), qu'à cette forme de science-fiction scientifique.

L'idée d'un chat avec une prise usb sur la tête qui lui permet de se relier à un ordinateur et, à travers internet, de découvrir la culture humaine... je suis au regret de dire que je trouve ça un peu ridicule, je n'arrive vraiment pas à me "connecter" (huhu #blaguepourrie) à tout ça.

Au-delà de ces inventions, je trouve la trame également un peu faible, certaines ficelles sont quand même assez grosses, j'avais parfois envie de me dire "Comme par hasard!", il y a des coïncidences un peu trop faciles.


En fait, on a l'impression que l'auteur s'est posé la question "Et si il se passait ça? Et si du coup... ? Et si là maintenant... ?" A chaque tournant, l'hypothèse la plus étrange est envisagée, puis il tire le fil au maximum.

Ce livre se transforme donc au fil des pages en un objet expérimental, mais qui m'a peu à peu perdue...

Je reconnais malgré tout que Bernard Werber a une imagination folle et déborde de créativité! D'ailleurs, je dois dire que j'aime beaucoup cet auteur en tant que personne, pour ce que je sais de lui. Mais malheureusement, la rencontre n'a pas eu lieu entre ce livre et moi... ça arrive. Mais j'ai quand même eu envie de le finir, ce qui prouve bien, que, au minimum, il suscite la curiosité!

Note finale:



J'aimerais vraiment savoir ce que vous en avez pensé si vous l'avez lu, je serais ravie de découvrir un autre point de vue.
Et pour les autres, vous adhérez à la science-fiction scientifique? 
(Je me demande si ce n'est pas un pléonasme d'ailleurs: la science-fiction peut-elle être autre chose que scientifique? Vous avez 3h. )

P.A.L. de vacances

Ah les vacances... Plage, siestes, balades... et lectures!
Cette année, nous allons à Barcelone, le but étant de se détendre tout en visitant la ville. Plusieurs heures en bord de piscine et sur la plage sont prévues. Alors pour s'occuper, on peut faire du sudoku... ou peaufiner son bronzage en lisant!
Alors, quels livres emporter dans la valise cette année?

Crédit Photo: Freestocks sur Unsplash.


En vacances, on a souvent envie de lectures faciles, pas prises de tête, des choses joyeuses, ou alors au contraire un bon polar à suspens... 
C'est également un moment ou j'aime avoir plusieurs lectures en cours, pour m'adapter à toutes les situations et varier les plaisirs.

Alors c'est parti, quels livres je sélectionne cette année?!

# Magazine Flow

J'adore ce magazine, et j'y suis abonnée depuis plus d'un an. J'ai reçu le dernier numéro de ce magazine créatif il y a déjà plusieurs jours, mais je l'ai mis de côté exprès, j'ai hâte de le découvrir!
Si les magazines people, ou les magazines dits féminins, avec une page de pub pour une page d'article psuedo-pyscho vous gonflent, je vous le conseille: des découvertes, des créateurs, des dossiers art de vivre, du DIY... Le tout avec des illustrations super chouettes. L'essayer c'est l'adopter, comme l'a bien compris Mélissa, du blog d'Encre et de Sel ;)

# M.C. Beaton, Agatha Raisin, Dishing the dirt

On a beaucoup entendu parler de cette série de romans policiers, et à l'humour anglais, qui a été adaptée en série télé (que je n'ai pas vue) récemment, autour de l'héroine Agatha Raisin. 
De plus, ma librairie préférée, Les Volcans avait mis en avant ces romans, j'ai donc décidé de leur faire confiance. Mais comme je voulais le lire en anglais (l'humour anglais perd toujours un petit quelque chose avec la traduction), je me suis dirigée vers le rayon anglophone de la librairie. J'aurais préféré commencer, en toute logique, par le premier de la série, malheureusement ils n'avaient que 2 titres sur les 27 sortis, les deux derniers. J'ai donc choisi "Dishing the Dirt", le vingt-sixième.

Résumé (traduction sauvage):
Quand la thérapeute Jill Davent emménage dans le village de Carsley, Agatha Raisin n'est pas emballée. Non seulement elle courtise son ex-mari James, mais elle déterre également des informations sur les origines plutôt dégoûtantes d'Agatha, informations qu'elle prend plaisir à partager avec tout le village. De plus, Jill conseille une femme, Gwen Simple, alors qu'Agatha est convaincue que c'est une meurtrière -même si elle n'a aucune preuve réelle. N'étant pas du genre à garder ses opinions pour elle, Agatha répète à qui veut bien l'entendre que Jill est un charlatan qui serait bien mieux morte. Elle ne peut donc que pousser un soupir de soulagement quand Jill installe ses bureaux dans la ville voisine de Mircester.
Mais ensuite Jill est retrouvée étranglée dans ses bureaux deux jours plus tard, et Agatha est le principal suspect! Alors, avec les enquêteurs de son agence, elle doit prouver son innocence et trouver le vrai coupable -avant que le meurtrier ne s'assure que ce soit Agatha qui se retrouve à manger les pissenlits par la racine!


#Tatiana de Rosnay, Rose

J'ai acquis ce livre un peu par hasard, puisqu'il faisait partie de la sélection des livres offerts pour deux Livres de Poche achetés. Cependant, il s'agit d'une valeur sûre, car les deux livres précédents de cette auteure que j'ai lus ("A l'encre russe"et "Manderley for ever") ont été des coups de coeur. Il a été initialement écrit en anglais, mais je vais le lire en français (il faut bien varier les plaisirs, et puis ça ne me fait pas de mal de lire un peu en français, à force de parler anglais toute la journée -je rappelle que je suis prof ;) -je ne sais plus parler et passe mon temps à faire des anglicismes involontaires).
Changement d'époque, changement de pays, changement de ton. Ici Tatiana de Rosnay mêle la vie d'un personnage à un fait historique, le remodelage architecturale de Paris par le baron Haussmann. J'aime toujours imaginer comment les grands événements influencent la vie des gens, les petites histoires dans la grande Histoire...
J'ai hâte de le commencer, je sens qu'il va me plaire!

Résumé:
Paris sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d'Haussmann détruisent des quartiers entiers, générant des milliers d'expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du "Petit Journal" et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu'au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet: sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l'empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé...




# Lori Nelson Spielman, Demain est un autre jour

Celui-ci, c'est sur les conseils de Fanny, du blog "Anything is possible", dans son article sur les romans feel-good des vacances. Un roman léger et plein de bonne humeur, le happy end sera au rendez-vous, et parfois ça fait du bien :) Il es comparé à Bridget Jones, et il n'en faut pas plus pour me convaincre!


Résumé
Qu'avez-vous fait de vos rêves de jeunesse?
Brett Bohlinger, elle, a un an pour le découvrir. Pensant hériter de l'empire cosmétique familial à la mort de sa mère, elle apprend que cette dernière, qui avait pour elle de tout autres projets, ne lui a légué qu'un vieux bout de papier: la liste de tout ce que Brett voulait vivre quand elle avait 14 ans. Si elle veut toucher sa part, la jeune femme doit réaliser chaque objectif de cette "life list". 
Enseigner? Aucune envie. Un bébé? Andrew, son petit ami, n'en veut pas. Tomber amoureuse? C'est déjà fait, grâce à Andrew. A moins que...


#Daphné du Maurier, My cousin Rachel

La biographie de Daphné du Maurier m'a vraiment donné envie de mieux connaître cette auteure et de découvrir ses livres. J'ai donc jeté mon dévolu sur "Ma cousine Rachel", un classique. Apparemment, l'atmosphère est similaire à celle de son roman le plus connu, et best-seller "Rebecca", adapté plusieurs fois en films. D'ailleurs, "My cousin Rachel" a été adapté au cinema aussi, et il sort cette semaine!
Encore une fois, je me suis dit que le suspens et l'atmosphère gothique serait plus délectable en version originale, donc j'ai opté pour la version anglaise.



Résumé (traduction sauvage):
Devenu orphelin à un très jeune âge, Philip Ashley est élevé par son cousin bienveillant, Ambrose. Résolument célibataire, Ambrose est ravi de faire de Philip son héritier, convaincu qu'il saura prendre soin de son magnifique domaine en Cornouailles. Mais le monde de Philip s'écroule lorsque Ambrose s'embarque pour un voyage à Florence. Là-bas, il tombe amoureux et se marie - puis meurt subitement dans des circonstances suspectes.
Peu de temps après, la nouvelle veuve -Rachel, la cousine de Philip- arrive en Angleterre. Malgré lui, Philip est attiré vers cette femme belle et mystérieuse. Mais aurait-elle pu causer la mort d'Ambrose?


Comme vous voyez, j'ai donc essayé de faire un panaché, mélanger les genres, les époques, les langues. Le but étant vraiment de varier les plaisirs; en vacances j'aime bien lire plusieurs livres en même temps, que je pose et reprends au gré des circonstances. 


Voilà pour ma sélection de romans de vacances, j'espère que vous y aurez trouvé de l'inspiration!


Et vous, quelle est votre stratégie P.A.L. de vacances?!



Un texte tissé de fils d'eau {La terre qui penche, Carole Martinez}

Il y a certains livres que l'on voudrait ne jamais finir, il est de ceux-ci.
Il y a certains livres dont on goûte et savoure les mots sans vouloir connaître la recette utilisée par l'auteur, il est de ceux-là.

Je viens de finir "La terre qui penche" de Carole Martinez, et j'ai l'impression de ne pas l'avoir quitté tout à fait.



Présentation

Titre: La terre qui penche
Auteure:Carole Martinez
Date de première parution: 2015
Mon exemplaire: Gallimard, collection folio

J'avais découvert Carole Martinez avec son premier roman, "Le coeur cousu", un véritable coup de coeur. Contrairement à Victoria Hislop, j'avais trouvé sa façon d'évoquer l'Espagne absolument magnifique, et la scène où Frasquita insuffle la vie à un coeur de tissu est gravée dans ma mémoire.
On m'a offert son deuxième roman, "Du domaine des Murmures", qui n'a pas du tout la même ambiance, et si je l'ai bien aimé, j'avais moins accroché...
Mais ce troisième roman est une révélation, un véritable coup de coeur!

CONTE, ROMAN D'APPRENTISSAGE, FABLE MEDIEVALE

Le récit est écrit à deux voies, celle d'une petite fille du XIVème siècle, et celle de son âme qui a vieilli à travers les siècles. Cette petite fille chardon pousse dans l'adversité, auprès de sa soeur jumelle et de ses soeurs bâtardes, et d'un père dur, qui refuse qu'elle apprenne à lire et écrire, et l'utilise comme un pion, décidant de la marier au fils d'un seigneur voisin. Mais ce qu'elle prend d'abord pour un sacrifice va se révéler être la chance de sa vie. Elle va découvrir le domaine des Murmures, du seigneur de Haute-Pierre, où elle va s'ouvrir, s'épanouir, découvrir.

Tous les personnages, hommes, femmes, enfants, animaux, créatures surnaturelles, sont extrêmement bien dépeints et attachants. Chacun d'eux est tellement humain que l'on a aucun mal à se les représenter, leur quotidien devient le nôtre.
Aymon, son promis, est un éternel Enfant, les méchants l'appellent l'Idiot, mais c'est un être plein de bonté, qui ne vit que pour la nature, les oiseaux, la rivière. 
Entourée de la famille de Haute-Pierre, de sa mesnie et de ses serfs, Blanche va peu à peu perdre ses épines et gagner en confiance.


Crédit Photo: Barb Canale, Unsplash.

SUPERSTITION ET MAGIE

Les fantômes de petites filles mortes dansent, chantent et chapardent de la nourriture dans les maisons, les ogres rôdent, la rivière Loue  s'incarne en une femme magnifique qui noie les hommes...

Encore une fois, la frontière entre le monde réel et la magie est ténue, d'ailleurs, la part magique est-elle réelle, ou simplement le fruit de l'imagination de la petite?

L'auteure dit, dans une lettre à son éditeur publiée à la fin du livre:
"Mon roman se construit autour du lit de la Loue et du pouvoir poétique qu'a une petite fille de métamorphoser les souvenirs mauvais. Blanche transforme le monde qui l'entoure et ses douleurs, elle change un homme en cheval, puis ce cheval en terre, pour continuer de marcher sur son chemin..."

Mais finalement, on n'a pas très envie de savoir si la petite rêve, invente, ou si la Dame Verte est réelle. On ne veut pas analyser, on veut le vivre.

Encore une fois, je remarque que cette frontière perméable entre réel et magie, comme dans l'Enchanteur, m'emporte particulièrement.

Le texte est extrêmement bien écrit, il est poétique mais sonne clair et sait être crû également. La métaphore du tissage, de l'écriture et de la vie est filée. L'oralité est très présente, c'est aussi une fable à raconter à la veillée.

"Et peigne, peigne la toison,
Et tourne, tourne le fuseau
Et mouille, mouille la laine du bout des doigts,
Et le fil se fait sans y penser."


UNE SUITE?

Il y a une continuité entre "Du domaine des Murmures" et "La terre qui penche": les siècles ont passé, mais le lieu est le même et des personnages sont communs.
Dans ce dernier roman, il est aussi fait référence à notre époque contemporaine.J'ai donc voulu en savoir plus, et découvert que l'auteure avait en tête un projet bien plus vaste.

source: youtube

J'attends donc de retrouver avec impatience le domaine des Murmures de Haute-Pierre!


Note finale


Et vous, est-ce que vous connaissiez cette auteure? Vous avez aimé ses livres?

Sur les pas d'une romancière {Manderley for ever, Tatiana de Rosnay}

Ce livre n'était pas du tout sur ma liste, il a attiré mon attention totalement par hasard. Je crois quand même que j'avais entendu parler, ou lu quelque chose sur cette biographie de la romancière Daphné du Maurier par Tatiana du Rosnay.
J'avais découvert cette dernière avec "A l'encre russe" (qui abordait aussi le thème de l'écriture), qui m'avait beaucoup plu, et je savais que ce n'était qu'une question de temps avant que je me replonge à nouveau dans l'un de ses livres. C'est donc le deuxième, et ce ne sera pas le dernier!

Présentation

Titre: Manderley for ever
Auteure: Tatiana de Rosnay
Date de première parution: 2015
Mon exemplaire: Le livre de Poche, 522 pages (plus quelques annexes)

Si elle avait vécu à notre époque, j'imagine Daphné du Maurier en jeans, gros pull en laine, et baskets Converse toutes simples.



UN PARCOURS CREATIF

L'auteure franco-britannique a mené un véritable travail d'investigation pour écrire cette biographie de l'une de ses romancières favorites, qui porte elle aussi une double appartenance: anglaise de nationalité, française de coeur.

Au-delà de la vie de Daphné du Maurier, Tatiana de Rosnay s'emploie donc à retracer le processus créatif qui l'a menée d'oeuvre en oeuvre, comment sa vie l'a inspirée pour créer, et à l'inverse, comment son oeuvre peut être relue et comprise grâce à l'éclairage que porte sa vie. 
Cela m'a un peu rappelé le mémoire que j'avais rédigé pendant mes études, sur une poète américaine méconnue, Anne Sexton. J'ai d'ailleurs retrouvé de nombreux parallèles avec Daphné du Maurier, la nécessité impérieuse d'écrire, dont pâtit leur vie familiale, et leur culpabilité. C'est peut-être bien, sans doute, un point commun à toutes les femmes créatrices du XXème siècle.
Chez elle, la passion d'écrire était alliée au besoin de se sentir indépendante financièrement quoi qu'il arrive, il fallait donc produire, produire, produire, malgré tous les éléments extérieurs.

Le récit est très riche et bien documenté, mais il garde un aspect roman: bien qu'elle inclue quelques citations, Tatiana de Rosnay a choisi de ne pas citer toutes les sources sur lesquelles elle se base.


UNE FEMME HORS DU COMMUN

Je dois avouer que la seule chose que je connaissais de l'aristocrate anglaise, c'était son roman "Rebecca", que j'ai lu il y a longtemps, et qui, s'il m'a marquée, m'avait été présenté à l'époque comme une romance sentimentale... et j'ai découvert une auteure bien plus riche que ça, qui a lutté toute sa vie, en vain, contre l'étiquette romanesque mineure qu'on accolait à ses oeuvres!
Car non, ce ne sont pas des amourettes qu'elle écrivait, la plupart de ses livres sont très noirs, décrivent une atmosphère lourde et angoissante, jouent avec les thèmes de la dualité, la manipulation, l'identité...

Concernant sa vie, on peut dire qu'elle n'a jamais mené une vie ordinaire, elle est née dans une famille londonienne très privilégiée, fantasque et artiste, fière de ses racines aristocratiques françaises. Elle a donc eu une jeunesse choyée, et culturellement très riche à tous points de vue, ce qui lui a donné une assurance (bien qu'elle se considère comme timide) et une soif de liberté rares. Puis elle s'est installée en Cornouailles avec sa famille, où elle a pu donner libre cours à sa nature solitaire.
Malgré tout, comme dans toutes les familles, rien n'est jamais idyllique, les rapports sont parfois compliqués, et dans toute vie, il y a des renoncements, des déceptions et des instants plus sombres.

Crédit Photo: Bill McBee, Unsplash.


UN ANCRAGE GEOGRAPHIQUE

Le récit est chronologique, mais surtout géographique, pour rappeler l'attachement viscéral de Daphné aux différentes maisons qu'elle a habitées.

"Les gens et les objets disparaissent, pas les lieux." Daphné du Maurier


Au début de chaque partie, on suit brièvement Tatiana de Rosnay sur les traces de la romancière dans les différents lieux qu'elle a visités.
Le plus marquant est Menabilly, cette demeure vieille de plusieurs siècles, qu'elle réhabilitera et louera (faute de pouvoir l'acheter) pendant 25 ans. Perdu dans un parc luxuriant, il se trouve en Cornouailles, cette région dont elle est tombée amoureuse à 20 ans. Son amour pour cette bâtisse, et son refus de la quitter, aura des conséquences sur sa vie personnelle.
C'est elle qui inspire en partie le domaine et la maison de Menderley dans "Rebecca".



MENDERLEY FOR EVER

Je trouve ce titre particulièrement bien choisi, car Menderley, c'est Daphné du Maurier  !
Il évoque Menabilly, cette maison qui l'obsède, et qu'elle aura tant de mal à quitter. Mais c'est aussi une référence à Rebecca, ce roman best-seller qui lui vaudra la rancoeur des critiques pendant plusieurs dizaines d'année, que l'on persistera à classer parmi les romans de gare et romans sentimentaux. Bien qu'il l'ait propulsée sur le devant de la scène et lui ait garanti une aisance financière et une liberté bienvenus, elle en viendra presque à le détester. Le livre lui collera à la peau jusqu'au bout, on continuera à l'interroger encore et toujours sur celui-ci.




Note finale


J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre, c'est un vrai page-turner, on est plongé dans l'intimité et la vie de Daphné du Maurier, et cela tourne presque au récit d'aventures.
Il m'a donné envie de (re-)découvrir cette auteur, en commençant notamment par relire "Rebecca". En effet, j'ai découvert que la première traductrice française avait carrément tronqué des passages entiersJ'ai donc décidé de le relire en version originale. Et j'ai aussi ajouté "Ma cousine Rachel" à ma liste. D'autant qu'une adaptation de ce drenier va bientôt sortir au cinéma Mais je ne me sens pas encore prête pour ses nouvelles et romans les plus morbides et noirs...
J'ai tout de même enlevé une petite branche (4 sur 5), car je suis un peu restée sur ma faim... j'en aurais voulu plus! Plus d'extraits de lettres, de son journal, de la biographie de sa soeur, des témoignages... Tout ce que Tatiana du Rosnay a utilisé pour écrire ce roman. J'ai bien conscience que ce n'était pas possible, mais elle a vraiment aiguillé ma curiosité :)


Et vous, est-ce que vous connaissiez cette romancière?
Est-ce que vous auriez envie d'en découvrir davantage sur cette femme au caractère bien trempé?


Celui qui m'est tombé des mains...{Une dernière danse, Victoria Hislop}

"L'Île des oubliés" de Victoria Hislop avait été un petit coup de coeur, je l'avais trouvé agréable à lire, bien documenté, et j'avais été emportée par l'histoire, c'est donc sans appréhension que j'avais acheté "Une dernière danse". Sur le papier ce roman avait tout pour me plaire: danse (j'ai fait de la danse classique pendant 20 ans), Espagne et guerre civile (j'ai deux grands-parents espagnols, dont une grand-mère andalouse, et un arrière grand-père qui a combattu au côté des Républicains). Et pourtant...

Présentation:

Titre:Une dernière danse
Auteure: Victoria Hislop
Date de première parution: 2009 en Grande Bretagne, 2014 en France
Mon exemplaire: Le Livre de Poche, 613 pages.




LA TRADUCTION

Je ne sais pas si c'est que c'est réellement mal écrit, ou si c'est la traduction qui est maladroite, mais la langue n'est pas très agréable à lire... Sans doute un mélange des deux. C'est d'autant plus agaçant, que, déformation professionnelle oblige, j'ai passé mon temps à essayer de deviner ce qu'était la version originale, les expressions et mots employés en anglais.
Victoria Hislop en fait trop. Trop d'adjectifs, trop d'expressions, trop de clichés, trop, trop, trop.

Et le titre, parlons-en. Si vous avez été ado dans le années 2000, et si je vous dis "Une dernière danse", levez la main ceux qui ont la chanson de Kyo dans la tête
Pour le coup, ce n'est pas la faute de l'auteure, le titre original est "The Return". Qui donc a (mal) choisi ce titre français, la traductrice Séverine Quellet, ou l'éditeur? 

Je dois admettre que si ce sont les intrigues qui m'attirent en tout premier lieu vers un roman, je suis aussi très sensible à la langue, aux mots, aux innovations narratives. Et le moins qu'on puisse dire c'est que je suis ici restée sur ma faim.


LES CLICHES

Malheureusement, les personnages et l'histoire ne m'ont pas retenue non plus.
Les personnages sont clichés, les deux amies typiquement diamétralement opposées: une blonde, une brune, une fine, une plantureuse, une discrète, une délurée, une ordonnée, une bordélique...
Et je ne me suis pas du tout attachée à Sonia, le personnage principal, que je n'ai pas trouvée fragile, touchante, pudique, mais renfermée et légèrement hypocrite: elle n'a fait que m'agacer.

Enfermée dans un mariage londonien grisâtre, elle découvre la danse latine, et part avec son amie à Grenade en Espagne, pour un stage de danse, et va "se réveiller".

On retrouve là un cliché courant chez les britanniques, qui se considèrent comme pudiques à l'extrême, et qui vont donc se dévergonder dans les pays du Sud de l'Europe, ici l'Espagne, où les gens sont plus libres, mais aussi plus natures, au sens péjoratif du terme, plus connectés à leur côté animal. C'est un cliché profondément ancré, que l'on retrouve déjà dans les romans gothiques du XVIIIe siècle, tels que "The Mysteries of Udolpho" d'Ann Radcliffe, ou "The Monk" de Matthew Gregory Lewis, qui, pour pouvoir donner vie à des personnages torturés, pervers, manipulateurs, ne peuvent se dérouler qu'en Espagne ou en Italie

Bon, et puis, ce fameux stage de danse... On comprend que c'est de la salsa qu'elle pratique. Il faudra m'expliquer l'intérêt d'aller à Grenade pour faire un stage de salsa. Ici, danse "latine", veut dire d'Amérique latine, pas d'Espagne. Aller à Grenade pour se perfectionner me semble donc aussi cohérent que d'aller à Lille apprendre la bourrée auvergnate... Ce n'est qu'un prétexte narratif pour qu'elle découvre le flamenco et d'autres personnages dans cette ville. 

A Grenade, elle va rencontrer (totalement par hasard, hein !) le propriétaire d'un café d'humeur bavarde, et il va commencer à lui raconter l' histoire d'une famille.


Crédit photo: Unsplash, Victoriano Izquierdo.

UNE LECTURE INTERROMPUE

Je dois avouer que je ne suis pas allée beaucoup plus loin, tant l'ensemble m'agaçait. J'ai donc lu uniquement la première partie, jusqu'à la page 157.
Et pourtant, j'ai quand même deviné la révélation finale... pour vous dire si c'est convenu. (J'ai vérifié en feuilletant la fin du roman.)

Alors, peut-être que j'aurais dû continuer; la partie se passant dans les années 1930 était peut-être plus intéressante... mais je crois que je n'ai pas voulu prendre le risque de lire à nouveau tout un tas de clichés sur les espagnols et la guerre.


Note finale


En toute honnêteté, les livres que j'abandonne en cours de route sont assez rares. 
Et je tiens à préciser que ce n'est pas parce que je ne lis que de la "grande" littérature, je suis aussi amatrice de chick litt à mes heures :) Mais chick litt ne veut pas dire convenu, cliché et mal écrit.

"Une dernière danse" est donc une grosse déception...
On entend en ce moment beaucoup parler de son dernier livre paru en France, "Carte postale de Grèce", et j'ai lu quelques critiques positives ici ou là, mais je suis un peu frileuse...
Sachant pourtant que j'avais bien aimé "L'Île des oubliés", que j'ai trouvé plutôt réussi malgré quelques passages convenus,  j'espère qu' "Une dernière danse" n'était qu'une erreur de parcours...



En attendant, je serais vraiment curieuse d'avoir votre avis, j'aimerais vraiment savoir si je suis trop virulente ou non
Est-ce que vous l'avez lu? Vous avez été déçu(e), ou au contraire vous l'avez aimé?
Pensez-vous que je devrais lui laisser une chance et reprendre ma lecture?

A bientôt